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| Manifeste de l'Assaillant ! |
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| Écrit par L' Assaut | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Manifeste du mouvement L'Assaut, la force de frappe du socialisme
L'ASSAUT se présente au monde et au débat citoyen français. La politique, l'analyse, le débat, l'action, doivent retrouver le goût de la recherche du bonheur. Comment l'idée de l'Assaut est-elle née ? Nous, peuple jeune, passionné de l'égalité, amoureux de la jovialité et de la fraternité, nous déclarons que notre époque est à construire. Nous condamnons fermement les circuits d'oppression de notre époque. Nous condamnons la pollution de l'imaginaire de nos concitoyens par des institutions souvent très intéressées par l'endormissement des masses pour la préservation de leurs intérêts. Il y eut deux étapes dans la prise de conscience d'une nécessaire attaque du système par l'Idée et le Cri. Nous nous sommes connus étudiants, pleins d'espoir dans l'avenir, très attentifs à tout ce qui peut réduire les inégalités, développer le tiers-monde, ôter à la politique son spectacle frivole, dénoncer les mécanismes d'oppression qui irriguent tous les canaux du pouvoir. Les membres de L'Assaut reconnaissent les magnifiques efforts rendus à la cause du progressisme depuis plusieurs décennies. En effet, nous nous réclamons des philosophes de l'émancipation, Deleuze, Guattari, Foucault, Guy Debord, Baudrillard, Agamben. Nous nous réclamons des grands socialistes qui ont défendu au pouvoir l'idée de notre cause : Léon Blum, Mendès-France, Gorbatchev, Mitterrand, Badinter, Jospin. Nous nous réclamons, le regard plein d'espoir en l'avenir, de l'idée européenne et remercions le tandem Köhl/Mitterrand d'avoir lancé pour toujours la promesse d'une Europe unie. Ils ont montré la voie ; à nous de marcher vers la direction qu'ils montrèrent du doigt. Puis il y eut le travail. La vie professionnelle, l'exigence d'une situation, l'aspiration à la consommation (car nous aimons le vin, le plaisir, les voyages, le confort de nos enfants et les soins à nos amis et parents) nous indiquent une carrière professionnelle adaptée aux temps et à ses caractères. Sénèque montrait que le sage devait suivre les coutumes et les modes de vie de son temps ; que l'esprit et son intransigeance devaient en être indépendants. Que dire du milieu professionnel en France ? Nous allons beaucoup travailler pour créer de la valeur pour ceux qui sont en entreprise, pour sauver la régulation sociale pour ceux qui sont dans l'Etat, pour faire aboutir les projets de leurs organisations pour ceux qui sont entre les deux. Du point de vue individuel, les trois cas reviennent au même : les temps ne conçoivent pas de salut pour le travailleur hors de la production. Produire beaucoup, et reconstituer sa force de travail par des loisirs et des repos très normés par l'épuisement. Pour parler clair, nous, amis, ne nous verrons que dans les répits que voudra bien nous autoriser l'exigence de production. L'amitié est une aumône de l'ultracapitalisme! Est-ce grave ? Ce qui est grave, c'est la machine qui nous contraindra de plus en plus à trouver notre épanouissement dans une sphère privée que l'époque a chiffré à 35m² sans avoir trouvé de cadre d'action collectif. L'Assaut veut agir sur cette machine, le capitalisme, plateforme de création de valeurs qui doivent être redistribuées. Certes, le capitalisme est notre forme historique de condition du progrès technique. Il doit être régulé et orienté vers nos idées d'égalité. Mais comment nier la puissance de destruction que le capitalisme porte en lui-même ? Comment ignorer les bataillons de femmes, d'enfants exploités et écrasés dans les usines du XIXème siècle, les industries du XXème, dans les pays en développement, morts sous les bombes des guerres impérialistes ? On dit souvent le capitalisme individualiste... Nous ne connaissons pas de système historique qui ait sacrifié durant deux siècles autant d'individus.... Dans les mines, les guerres, les colonies. La rigueur historique contraint à identifier ces désastres à un système. Le capitalisme crée de la valeur, bien entendu. Il est à l'origine d'une amélioration des conditions de vie sans précédent dans les pays développés. Il faut savoir faire bénéficier tout le corps social de cette production, les pauvres de nos pays et les pays pauvres. Pour l'instant, par les inégalités qu'il produit, par le fatalisme des circuits de pouvoir qui s'y soumettent, le progrès a déserté l'histoire du capitalisme. Il fallait réagir, agir, construire ! L'Assaut : qu'est-ce ? L'Assaut propose de réfléchir à ce cadre d'action collectif. L'Assaut propose d'agir pour construire ce cadre d'action, de créer une dynamique d'analyses collectives. Notre ambition, c'est la mise à la disposition des progressistes d'une boîte à outils du socialisme, un site d'humanisme intégral. Dénoncer les mécanismes d'oppression partout où ils se trouvent, donner de l'espoir en montrant que tout est lié, la musique au pouvoir, le libéralisme à la misère sexuelle, la ville africaine à l'environnement, etc.... Eclairer le mécanisme de renonciation qui domine depuis des décennies, et s'armer en force de proposition. L'Assaut donne un sens à nos regards que nos travaux quotidiens ne peuvent nous donner puisque nous sommes au service d'un circuit oppressif qui n'a pas d'intérêt à ce genre de prises de conscience. Les axes de combat Premier axe : lutter contre la fragmentation du corps social L'Assaut refuse la fragmentation du dialogue social. La facilité actuelle entend nous convaincre que nous vivons l'âge de la fin des idéologies. La droite, habilement, veut confondre XXème et XXIème siècle : une pensée globale sera accusée d'être « totalitaire », une vision progressiste d'être « communiste », une volonté de justice d'être « contre l'Histoire », un amour de l'Etat solidaire « conservateur » ou encore « corporatiste ». Non, Mesdames et Messieurs les Censeurs, L'Assaut vous donne tort. Il vous répond et vous confond. La droite et le centre exaltent une pensée technique, qui ne serait ni de droite ni de gauche ; un consensus qu'elle appelle « libéral » en s'arrogeant ce concept qui ne lui appartient pas. Travestir une offensive idéologique à travers le charme de l'impartialité a toujours constitué une arme politique fort habile. Le monde supporte depuis l'origine ces mensonges, depuis l'âge où naquirent les séducteurs, les ambitieux et les instincts politiques. L'Assaut s'insurge contre l'imposition d'un modèle au nom d'une expertise unique. Il entend mettre en évidence les circuits très précis d'oppression que ces théories véhiculent. La politique des experts sectorise les débats : à chaque sujet sa solution. Selon elle, la fiscalité ne doit prendre en compte qu'une compétitivité très partiellement éclairée, l'Etat doit se retirer vers des missions très étroites, car au-delà, il ne serait guère efficace. En effet, tant qu'au pouvoir sévissent des êtres qui n'aiment pas l'Etat, nous confirmons qu'il ne sera pas efficace ! La droite, pire qu'un retrait de l'Etat, veut son exil ! Divisant pour mieux régner, la droite éclate, scinde, fragmente, fracture le débat social pour faire croire qu'une seule solution existe pour chaque problème. Lorsque l'œil voit un roseau tordu par l'eau, Pascal précisait que « ma raison le redresse ». De même, le dialogue social tordu par les désirs de retrait de la droite doit être redressé par notre sagacité. L'Assaut éclairera de manière précise, argumentée, parfois technique, souvent implacable, toujours percutante, les circuits de la domination. Ces circuits touchent tous les domaines. Tout est lié ! Deuxième axe : lutter contre la renonciation Les assaillants partent à l'assaut de la renonciation. La renonciation est caractéristique non seulement de la droite et de la pensée unique actuelles, mais également d'une partie de la gauche. La gauche utilise de plus en plus la rhétorique défensive dont le champ lexical a été instillé par la droite depuis plusieurs décennies. L'Assaut mobilisera une grande énergie à mettre en lumière l'utilisation et l'imposition d'un champ lexical, d'un mode de discours et d'une rhétorique spécifiques à l'exposition d'un monde qui n'est pas le nôtre. Le débat public des trois dernières décennies fut en effet entièrement pollué par des identifications idéologiques : les valeurs de modernité sont reliées à la libéralisation extrémiste, un consensus indépassable est relié aux actions de retrait de l'Etat, les valeurs de démocratisation à ce qui est vulgaire, facile et immédiatement flatteur. Que personne ne mente : au fond de nous, les gens de gauche, il y a un malaise. Camarades de gauche, camarades humanistes et socialistes, passez au confessionnal. Avouez ce malaise qui depuis vingt ans de temps en temps serre le cœur et attise la mélancolie. Le malaise nous crie « la gauche est partie ! ». Ecoutez ces artistes, chanteurs, écrivains ou peintres qui chantent la fin de la gauche, comme les satiriques chantaient lors du Bas Empire la décadence romaine. Ecoutez cette douleur que ressent l'auditeur du groupe de musique Les Fatals Picards, qui à la chute de leur chanson « Mon père était tellement de gauche » lui susurre dans un souffle sous forme d'appel à l'aide : « Mon père était tellement de gauche/que lorsqu'il est parti/la gauche est partie avec lui... » Ce vers n'est pas qu'un luxe d'artiste, une rhétorique de poète, un clin d'œil de chansonnier : le malaise que le socialiste éprouve à ces paroles est bien réel. Le socialiste sait précisément ce à quoi fait écho ce trait qui n'est guère perfide ; il sonne, au contraire, si juste. L'Assaut montrera par sa conscience historique que la gauche au pouvoir correspond à des périodes d'accélération historique, aboutissement de décennies qui virent l'Histoire vivifier la société civile, les avocats, les philosophes, les artistes. Ce vent de progressisme s'incarne parfois en un gouvernement, comme en 1981, qui doit se dépêcher d'agir, tant est pressante l'avidité de la droite de tout déconstruire. 1981, c'est historiquement autant la victoire de François Mitterrand que de Robert Badinter, de Gisèle Halimi, de Michel Foucault, de Daniel Cohn-Bendit, de Jean-Paul Sartre, de mai 1968. Ces gens sont compliqués, certes, mais tous ont préparé la prise de conscience de l'exigence de justice. Alors, non, L'Assaut ne renonce plus. Nous retrouverons le souffle de l'espoir. Nous réconcilierons la rigueur technique et la rhétorique de l'idéal, l'intransigeance socialiste et la précision des mesures concrètes. La gauche est de retour ! Troisième axe : une force de propositions L'éclairage des mécanismes d'oppression dans leur ensemble conduira à une force inédite de propositions concrètes et solides d'émancipation individuelle, de réduction des inégalités et de justice sociale. Les membres de L'Assaut entendent conjuguer leurs compétences et leurs expériences pour combattre les idéologies de la droite et constituer un centre d'analyse et de proposition intégrales. Les think tanks et autorités de pensée ne nous satisfont pas ; trop de paroles en l'air, trop de colloques bourgeois, le souffle introuvable. Les propositions, très argumentées, très étayées, seront portées par le désir d'action. Pas le désir d'avenir, mais le désir immédiat, le désir de réaliser ici et maintenant les conditions de la reconquête. Une puissance de propositions progressistes que l'Assaut veut réconcilier avec la puissance publique. Les plus grands philosophes politiques de ces dernières décennies, par désespoir, identifient la lutte sociale à un activisme contre, ou en-dehors de l'Etat. L'Assaut contraindra les solutions de libération et d'émancipation à repenser l'action publique, qui demeure à nos yeux, dans la lignée de Jaurès, le « foyer central de liberté », l'instrument privilégié de la régulation sociale au profit des plus démunis. L'Assaut entend dépasser les dialectiques faciles qui entraînent la gauche humaniste dans des débats sans fin. Radicalisme, réformisme, réconciliation du PS et du marché, tout cela ne nous intéresse pas, tout cela n'existe pas. Le PS est de fait réformiste depuis 1983, aucun analyste ne peut prouver rigoureusement que le PS n'accepte pas l'économie de marché comme les autres partis socialistes européens. Radicaliste ou réformiste ? Sucré ou salé ? Baba ou bobo ?... Débats d'extrêmes-centristes, nous identifions cet acharnement au fossé virtuel à des névroses collectives que la précision de la plume et de l'action noiera dans son néant. L'Assaut, enfin, est un mouvement jeune. Notre jeunesse, notre énergie, nos rêves d'espoir, nous les mettons au service de tout le corps social. A l'assaut !
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